samedi 17 avril, 7 h 45 – 2°

Rue grise.
À droite à quelques mètres de la fenêtre de ma chambre face à la route, un panneau publicitaire carré de 400 x 300 cm à dominante de rouge/jaune sur fond blanc,
« Centre commercial, 1 minute, ouvert le dimanche ».
Vol de moineau à tout va.

Ciel gris, moineaux opportuns.

Traverse le Jardin botanique avant d’aller au marché. Odeur soudaine de vieux cuir et de confort suranné, de safari.
Appel joyeux au téléphone de Noëlig Le Roux, commissaire indépendant et ami des artistes à propos de futurs projets en Bretagne et aux Alpilles.
Ajoute un portrait grimaçant découpé dans du vinyle orange au dessin Hibou/antenne.
Passe l’après-midi à crayonner en écoutant Song of Milarépa, 1984, d’Eliane Radigue conseillé il y a peu, par mon ami Dominique de Varine.
Lors de mes allées/venues à Guéret, j’ai pu noter l’existence de nombreuses fontaines, phénomènes de résurgences et de source dus à la situation de la ville à flanc d’un massif granitique important.
L’eau de ces fontaines est douce, avec un goût de cristal agréable. À quelques pas de la rue Pasteur, la fontaine de Grave s’écoule dans une ancienne auge de pierre.
Je m’assois dans le pré qui la borde.

Ciel de neige, pies bavardes.

Une mésange et plusieurs choucas viennent boire.
Fines, en équilibre bicolore sur un fil électrique, un couple de pies.
Vent aigre, paquerettes éparses, yeux mis clos, assis sur mon ciré jaune.
La pie tient le paysage dans son bec et le ciel dans son ventre.

Thomas Lanfranchi
Cube de nuages
, Guéret

un projet soutenu par le réseau ASTRE
arts plastiques & visuels en Nouvelle-Aquitaine