dimanche 18 avril, 7 h 45, 0°

Ciel bleu insondable, écran de pensées en sommeil.
Au levant, sur une liane de nuages en fusion, j’accroche trois mots somnambules : muesli, banane, thé.
Sur le seuil de béton de la maison est posé un œillet d’Inde, jaune profond piqué de rouge.
Au dos du dessin hibou/antenne, j’écris l’œillet d’Inde et note cette anecdote matinale.

11 h 45, m’endors un instant sur le canapé de la Quincaillerie/tiers lieu, au moment où Van (Ada ou l’Ardeur), noceur irrésistible, commence à ériger de somptueuses villas entre Europe et Amérique,
comme les corneilles font leur nid…
Sur le parking, un corbeau coince un lézard dans la fourche d’un tilleul et le dévore, un autre descend et prend sa place.
La plume chasse l’écaille.
19 h 45, dans une ville déserte, petit détour par la fontaine de Grave.
La nuit tombée, ciel couvert, bas, chétif, agglutiné et sans profondeur, marche sans bruit jusqu’au pré de Braconne, sous l’érable je trace un carré et m’assois.
Hibou sur ma droite, chevêches proches.
Silence d’insectes.
L’endroit a une présence non ordinaire, un transfert énergétique vers l’espace, certainement dû à l’affleurement de granit.
La lune file derrière les nuages, premier quartier.
Lune gibbeuse, sève haute,
Unique sein d’Amazone.

Thomas Lanfranchi
Cube de nuages
, Guéret

un projet soutenu par le réseau ASTRE
arts plastiques & visuels en Nouvelle-Aquitaine