dimanche 25, 6 h 30, peut être 6°

Fenêtre ouverte, peut être 6°, éruption solaire. Stratus usés par la nuit en haute altitude qui en quelques instants passent d’un rouge intense aux jaunes les plus subtils. Sur le bas-côté de ce gigantesque labour, effets de streap tease et excitation fine de pinceaux de lumière, qui révèlent le bleu paisible et souverain de l’ensemble.
Assiste émerveillé au réveil de ce grand corps, accupuncté par les points mouvant des martinets.
La lune et Vénus en sont témoins.

Roouupp Oupo OuP (bref à la fin)
Rooow ouu oup roWW (long, interrogatif)
row oup  woooup (grave)
Bien mieux que moi, la palombe dicte au paysage la réponse du ciel.
Comment la conscience peut-elle interroger la magie des nuages, surprendre son jeu sidéral  ?
Mon chant au ciel manque de duende, il observe mais ne fulgure pas.
Rue Pasteur trottoir de gauche, rutilante, une Simca Elysée de 1963. Je discute un moment avec le conducteur. Reconnais les fauteuils de sky gris, le tableau de bord chouette/tictac. La nôtre s’appelait Gri-gri, c’était notre voiture jusqu’à l’année de mon bac. Mon père disait que nous étions les derniers du quartier à en avoir une avec pare-chocs et enjoliveurs chromés.
Fin de matinée, sur la coquille d’œuf de corbeau trouvée sur le parking, j’écris au crayon nuages en hommage aux jeunes corbeaux nés avec les feuilles, nourris de vent, d’azur et de nuages, dans leur nid haut perché.
Mes mains écrivent et dessinent, mais seront toujours de piètres rémiges.

Le soir, pré des amoureux, ciel humide.
Piquée plein ouest au-dessus de l’horizon sur le velour du crépuscule, vénus scintille.
Como lo oyes !
Hay que mirar cerrando los ojos, para percibir que es la claridad… (La leyenda del tiempo, 1979))
Cri ultime aux étoiles du chant de la terre.

Puisque je te le dis !
Faut-il regarder en fermant les yeux, pour percevoir ce qu’est la clarté, chante Camaron.

Thomas Lanfranchi
Cube de nuages
, Guéret

un projet soutenu par le réseau ASTRE
arts plastiques & visuels en Nouvelle-Aquitaine