mercredi 28, 6 h 45, 1°

Ciel inerte, dégagé à l’est.
À leur arriver, les trompes de bronzes retentirent d’un son unanime, rond et puissant.
Le char couvert de branches de prunelliers en fleurs, tiré par quatre chevaux alezans à la crinière tressée, dut se frayer un passage dans la foule bigarrée amassée au bas de la colline.
Le son strident des cornemuses et des guerriers en armes accompagnait la procession.
Au sommet de l’édifice, robes amples et claires, barbes batailleuses, plusieurs prêtres entamèrent une longue mélopée face au levant…
Déjà des serviteurs s’emparaient des chevaux pour les sacrifier.
La foule était silencieuse.
Dans un tintement de clochette et le jeu d’épaisses fumées de parfums, ils descendirent un corps du char pour l’amener à sa dernière demeure.
Dans les forêts de hêtre des environs, d’un même vol, les choucas prirent le ciel d’assaut.

10 h. Quincaillerie/tiers-lieux, finis le dessin de choucas Christ/kraft, avec en tête un visage de femme en noir et blanc découpé dans un magasine.
Le noir et blanc sied à l’Abisse.
Achète des gants roses, taille M en latex, souples et labiles pour mes lessives.
J’ai maintenant des mains d’oiseaux de paradis, de dinosaures à plumes.
Le soir, sur la colline de Braconne, m’assois avec Sylvain dans le soleil couchant.
Choucas glaneurs et corneilles promeneuses.
Nuages variqueux à l’ouest, délayés comme du sucre glace dans un grand verre d’eau agité, au centre.
Grand verre, dissolveur de nuages.

Thomas Lanfranchi
Cube de nuages
, Guéret

un projet soutenu par le réseau ASTRE
arts plastiques & visuels en Nouvelle-Aquitaine