jeudi 8 avril 7 h , -6°

Trois tourterelles posées sur une antenne tv, ciel immobile et vide, incandescent au lever.
Plein ouest, la comète blanche et ponctuelle d’un trait d’avion.
10 h, lecture confortable au soleil de la Quincaillerie, d’Ada ou l’ardeur de Nabokov/ Fayard 1975, découvert hier sur une étagère près du piano.
Deux corbeaux freux rénovent un gros nid au sommet d’un platane, en contrebas du parking qui nous sépare de la médiathèque. L’absence de feuilles encore écloses me permet de les observer à loisir.
17 h 30, jardin des communs. C’est une ancienne friche à l’entrée d’un joli vallon qui s’ouvre entre un ruisseau et une voie ferrée. L’endroit  est confidentiel, protecteur et accueillant, très différent de celui de l’étang de Courtille .La zone doit être fertile, car il y a aux alentours plusieurs vergers et potagers, dont certains sont attenants à des maisons.
La jeune femme qui m’a appelé en début d’après midi pour prendre rendez-vous est venue avec un couple d’amis. Comme le terrain est légèrement en pente, nous choisissons un emplacement à l’avant d’une caisse/potagère palissée de planches où pousse de grands plants d’artichaut aux feuilles de cendre.
En suivant le protocole de la performance, nous réalisons ensemble un carré cinq mètres de côté.
Le sol à nos pieds est tapissé de feuilles sèches ou émerge des ficaires et de timides pâquerettes. Chants d’oiseaux dans les saules qui bordent le ruisseau, rumeur aspirante  et proche d’une autoroute.
À la fin de la performance, une des deux filles est prise d’un fou rire communicatif.
Nous arrêtons l’expérience dans un état de joie réciproque.

Thomas Lanfranchi
Cube de nuages
, Guéret