lundi 12 avril, 7 h 30, -3°

Ciel limpide, lavé de tous soupçons de pluies, avec une assemblée très graphique de nuages au nord. Soleil déjà haut sur paysage soyeux, enrobé de brumes matinales enclines aux échanges avec le ciel.
Je passe la matinée à copier une impression/carbone d’un ancien dessin. Tête vide, la main suit le trait plus habilement que je ne trouve de mots pour le dire.
Je classe le dessin dans la série La peau. La peau est l’organe du paraître, la frontière souple où s’échoue le comptoir du temps
Premier lilas. L’hiver tient encore leur odeur en otage.
Le soir, performance au lieu-dit Braconne, qui aux dires des voisins est une ancienne aire de battage. Le sol plat, régulier, bâti de grave et de granit est ouvert d’est en ouest sur la vallée de la Creuse.
Trace un carré en posant une diagonale entre deux points A et B équidistant de trois mètres qui me donnent un triangle droit parfait, que je reporte à l’identique sur le point D.
De sommets en faîtages les merles m’accompagnent.
Chant de merles dissonant, jamais en cœur…
Lumière du soir, parle-moi de l’indifférence d’un chat pour un nuage en forme de choucas…
« Monsieur  ! »
… Les nuages sont les bourgeons du ciel.
« Monsieur…  Ça va ? »
« Vous allez bien ? » (Une promeneuse, son mari et leur chien, un caniche toy abricot.)
« Oui, très bien… Merci ! »
Assis en tailleur, douillettement installé dos au soleil, je m’étais endormi…
Échange quelques mots avec le couple.
Assouplissements, je pars rue Pasteur d’un pas léger.
Les nuages sont les bourgeons du ciel.

Thomas Lanfranchi
Cube de nuages
, Guéret