mardi 20 avril, 7 h, 3°

Fin précipité gazeux, vaporeux, dernier relief d’intempéries nocturnes. Ciel en haute altitude parcouru de légères impressions lumineuses brèves et changeantes.
Pas un souffle. La lune montante semble avoir absorbé les plaines nuageuses de la nuit.
J’ai toujours préféré faire une lessive à la vaisselle, tâche intermédiaire, où tremper du linge dans une eau savonneuse tiède et parfumée, m’aide à cartographier les rêves/confettis échappés de la nuit.
Comment soigner le lièvre des images avec la carpe des mots ? (en regardant le parking par la fenêtre).
J’ai dessiné il y a longtemps une carpe/cube, avec une feuille de chêne tauzin comme un blason sur une des faces.
Discussion en fin de matinée au Monoprix du centre-ville, avec un employé anti-libéral à propos des caisses automatiques.

18 h 45, pluie fine, monte d’un bon pas au lac de Courtille.
Pas de promeneurs, deux pêcheurs.
M’assois sur un terre-plein un peu en surplomb de l’eau, caché par deux massifs de rhododendrons encore en boutons.
Masse nuageuse compacte au sud/est avec un front de ciel bleu nord/ouest.
Juste quatre piquets pour le carré/base.
Plusieurs hirondelles vont et viennent.
– Bonsoir ! (un pêcheur)
– Ça va, assis sous la pluie ?
– Et vous, ça mord ?
– il me montre un seau/épuisette immergé avec une anguille et des gardons.
– Et les carpes il y en a ?
– Oui, beaucoup ! Mais l’eau est encore trop froide, elles restent au fond…

Un long moment assis face au lac, le lièvre de la conscience en veille…
Soigner le lièvre des images avec la carpe des mots.

Thomas Lanfranchi
Cube de nuages
, Guéret

un projet soutenu par le réseau ASTRE
arts plastiques & visuels en Nouvelle-Aquitaine