mercredi 7 avril 7h45, -3°

7h45, -3°, ciel bas, lourd, nombreuses notes de gris. Substance grumeleuse, qui dans le lointain prend l’apparence d’un gigantesque labour.
Rare percée de ciel bleu sous-jacente à l’est où les cumulus de la veille ne se sont pas encore agglomérés.
Cette subite variation de gris donne au paysage des alentours une présence, qui me permet de mieux découvrir son irrégularité géographique.
En fin de matinée, forte aspiration de nord-ouest avec apparition de larges plages de ciel bleu et de beaux nuages lents, très présents.
Je commence à dessiner sur une enveloppe des impôts, un choucas perché sur un casque de tournoi dont le buste/socle envahit le bas de la feuille, dans un sentiment de bois…
13h, le ciel est vide d’un bleu parfait. Ce type de configuration anticyclonique est à rapprocher de celle que j’ai pu connaître en climat méditerranéen, sur les hauts plateaux du Vaucluse,lors de ma jeunesse en Provence.
Je suis en retard au rendez-vous du soir. Il fait froid, peu de promeneurs autour du lac. Je pose rapidement le carré autour d’un gros bloc de granit et m’assois un grand moment face à lui, dos au lac.
La pierre me communique une chaleur diffuse et agréable.
Au retour, l’heure du couvre-feu largement dépassée me fait presser le pas.
À mi-chemin une phrase me troue l’esprit.
Si ta conscience se plie comme un mouchoir, pourquoi ne devient-elle pas carrée ?

Thomas Lanfranchi
Cube de nuages, Guéret