vendredi 9 avril 7 h 15, -3°

Un choucas se pose sur le faîte d’un toit. Ciel agrégé de fins stratus lisses et inconstants. De larges rivières de ciel bleu, avec de petites protubérances anthracite, qui s’éclaboussent, prenant une teinte diaphane à l’ouest.
Sketches of Spain de Miles Davis traverse mon bol de porridge et m’illumine jusqu’au soir. Mon oreille gauche va mieux.
J’envoie plusieurs textos à des amis à propos de Cube de nuages.
10 h, léger vent de terre avec une odeur de pierre à feu. Sur la route qui descend du centre-ville vers le jardin des communs, à l’angle de la rue Pierre Dufour, il y a une chapelle brossée comme une arrière-cour de Magnasco, en surplomb de ce qui a dû être un ancien hameau.
Sur l’escalier de la façade, une fresque bucolique dépeint un bestiaire local en bord de rivière.
Grosse dame aux lèvres soupçonneuses.
« ¿Por que te has pintado los labios, abuela? »
Au jardin, le vent tourne à l’ouest. Ciel laiteux, nuages en tous sens, avec quelques gouttes de pluie. Le sol est resté sec, je m’assois dans l’herbe sous un bosquet de chênes. Des chats passent…
Je reviens porté par le vent du soir dans une ville vide, où résonne le chant des choucas.
Haute et claire, la trompette de Miles leur répond.

Thomas Lanfranchi
Cube de nuages, Guéret