vendredi 31, 6 h, 3°

Deux merles sur deux antennes TV chantent, deux territoires, cinq maisons entre les deux…
Un choucas remplace le merle de droite.
Au passage de la porte d’entrée chat coquille/écaille me frôle en miaulant, pacifique bouton d’or.
8 h 25. M’assois à l’angle de la rue de la Grave dans un petit champ pentu qui domine la ville, bas sur l’horizon nuage/tête de chien, croque ciel.
L’ampoule solaire est cassée.
Dans l’herbe, pâquerettes et pissenlits ont fait place aux marguerites et boutons d’or. 
Un brin d’aubépine passe.
Penser la non pensée, penser l’aubépine, laisser passer l’aubépine, interroger le bas du champ humide, 
il devient bouton d’or…
Croque en jambe du réel, le petit papillon blanc aux ailes orange vif me darde l’esprit.
L’aurore (c’est son nom), son corps est malingre comme le mien.
9 h. Cours de Luze Bordeaux, la Stornia Zébulonne dessinée sur le mur de béton de notre chambre, me chuchote à l’oreille :
– C’est doux comme du riz au lait, humide comme un jeune nuage de vieux velours beige, comme les ailes du bombyx du chêne, celui que tu avais épinglé sous le portrait de Gilbert (mon papa) dans les Landes.
– Au poil comme une pétanque en forêt, jazzeux et babilleur comme une fauvette dans un lierre !

– Au fait, tu sais quoi ?
Le choucas à un chant mauve.

Thomas Lanfranchi
Cube de nuages
, Guéret

un projet soutenu par le réseau ASTRE
arts plastiques & visuels en Nouvelle-Aquitaine