Anaka Adam-Céard

Police Cumulus Anaka Adama-Ceard (étude)
Police Etretat76, étude pour une « mise en plage »
Anaka Adam-Céard

Artiste, graphiste, typographe, enseignante, Anaka Adam-Céard, crée des polices de caractères qui nous permettent d’utiliser un clavier d’ordinateur pour composer des paysages.

Ses caractères-images s’accrochent aux lignes de texte, permettant à chacun de composer une page-paysage du bout des doigts.
Avec Etretat76, que l’on peut télécharger et installer gratuitement sur un ordinateur, la distinction entre coquille et coquillage devient un jeu au fil duquel le regard fait des allers-retours.

Entre lecture, écriture et rêverie balnéaire, nous pouvons agencer ces signes au gré de nos humeurs ou laisser la combinatoire alphabetique de mots déjà écrits décider à notre place. Remplaçons un Times New Roman par un Etretat76 et saisissons cette citation de Victor Hugo : « Rien ne change de forme comme les nuages, si ce n’est les rochers […] La désagrégation fait sur la roche les mêmes effets que sur la nuée. Ceci flotte et se décompose, ceci est stable et incohérent » (Les Travailleurs de la mer).
Quel nuage apparaîtra sous une consonne ? Quelle apostrophe emportera-t-elle un morceau de ciel gris et quelle virgule une éclaircie ?

Les caractères Etretat76 sont disponibles en téléchargement gratuit (licence CC) et peuvent être utilisés avec n’importe quel traitement de texte.

« Etretat76 est une famille de caractères qui permet de regarder les falaises d’Etretat comme un ensemble de lignes côtières. Telles les lignes d’écriture d’un texte, elles peuvent être saisies sur un clavier numérique. »

Anaka Adam-Céard

Etretat76, est conçue en fonction de l’étagement des objets qui se donnent à voir près des falaises de la côte normande. La stratification des éléments en dessous et au-dessus de la ligne d’horizon, invite à lire le paysage comme une page… dans une mise en plage, aime-t-elle rappeler.
Le sens de la lecture de gauche à droite n’est plus sanctuarisé. Le texte devient une promenade où d’autres itinéraires sont à essayer.

En créant ces familles de caractères, Anaka Adam-Céard propose de tenir compte des variations du climat pour toutes sortes de météos : ciel clair, brouillard, entrées maritimes ou vents puissants…
À chaque temps son climat de page et son gris typographique : Etretat76 Black, Etretat76 Sfumato, Etretat76 Fog, Etretat76 White, Etretat76 Maritimes.


La famille typographique Etretat76 fait partie d’un ensemble paysager qui prévoit également l’écriture de formations nuageuses différenciées : cumulus, stratus, cirrus, cirrostratus… La police Cumulus de la famille Nimbus est déjà bien esquissée et d’autres s’annoncent encore à l’horizon…

documentation/ médiation

La médiation peut passer par l’objet, mais s’appuyer sur différents formats et approches.
Voici quelques exemples :

Sur mike kelley

Mode d’emploi de dispositifs EAC (Frac Provence-Côte d’Azur)

Florence Henri

Apprendre en jouant

L’art hors les murs sous forme itinérant

Malettes pédagogiques des musées disponibles pour les écoles
suite.1
suite.2
suite.3
suite.4

Objets de médiation nomades du FRAC PACA
Objets de médiation nomades du Frac PACA.2

Conteurs et récit conté

Petit théâtre japonais, jusqu’à la performance qui peut associer les objets et des manières d’interagir avec eux (Kamishibaï)

soleil

« Fêtons ce jour dont aucun ne fut le premier »

(Hélène Sixous) L’île d’or — Théâtre du Soleil.

Les nuages font exister le soleil, ils nous en protègent, apportent l’ombre et l’eau. Si les nuages font varier la luminosité du jour, la course du soleil met en mouvement l’ombre des arbres et des mats, dessine les reliefs et ce mouvement attire notre regard vers l’au-delà des nuages, sur ce qui perce à travers la voûte et dans le bleu des nuits. En relevant la tête c’est la conscience du cosmos qui aspire notre esprit vers les profondeurs célestes. Les nuages ne sont plus alors qu’un écran de  fumée. Quand ce rideau se lève, la lumière danse avec les astres ; c’est l’invention du temps, des durées et des cycles.

Cadran solaire et boussole. Pierre Le Maire XVIIIe siècle, laiton, métal, verre 6 x 6,8 cm (musée d’art et d’archéologie de Guéret).

Ce cadran solaire est une imitation des cadrans de l’horloger Butterfield, qui étaient très appréciés au XVIIe et XVIIIe siècle. Pour lire l’heure, il faut utiliser le gnomon gradué (barre en métal sculptée d’un oiseau), qui est réglable en fonction de la latitude de la ville la plus proche, gravée sur le dos du cadran. Le bec de l’oiseau sert d’aiguille. L’heure se lit grâce à l’ombre projetée par le gnomon sur l’une des échelles gravées sur la platine alternant entre les chiffres romains et arabes.

De tout temps, connaître l’heure de la journée permet d’organiser la vie sociale, économique et religieuse de la société. Il est alors possible de répartir les temps de travail, de prière, de loisirs et de repos de la population. Dès l’Antiquité, les grecs construisent des cadrans au sol, dans lequel un bâton planté décrit la course du soleil.
A partir de l’époque médiévale et jusqu’au XVIIIe siècle, il existe des cadrans solaires de poche, munis d’une boussole.

accessoires

Quelques accessoire, que l’on peut réaliser soi-même, ou avec le concours de Soussan ltd, Fournisseur des musées.
Certains sont mis en place au musée des nuages.

Cyanomètre (1789) Musée d’histoire des sciences de Genève.
Iinstrument inventé par Horace-Bénédicte de Saussure afin de comparer les couleurs du ciel en fonction de l’altitude et des conditions hygrométriques (variation des proportions de vapeur d’eau dans l’air.)
carte de conservateur du musée des nuages
Carte de conservateur du musée des nuages
(dépliant cartonné faisant office de cyanomètre).
L’abus de ciel est dangereux, n’utilisez pas le cyanomètre en marchant.
Attention aux bleus !

©museedesnuages 2015

Tempest prognosticator
Réplique du baromètre à sangsues de George Merryweather Whitby au Museum, Whitby, UK.
Le baromètre à sangsues
dessin attribué à George Merryweather.

« Le baromètre à sangsues ou prédicteur de tempêtes, est une invention du docteur britannique George Merryweather au XIXe siècle. Une cloche est reliée à douze jarres, chacune contenant une sangsue. Plus grand était le nombre de sangsues, plus le mauvais temps devenait prévisible.
Le docteur, qui élevait des sangsues pour soigner ses patients, avait remarqué que ces animaux remontaient vers le haut des bocaux en fonction de la pression atmosphérique. Ils étaient donc censés réagir au changement atmosphérique annonciateur des tempêtes. L’inventeur commença par installer une clochette dans le haut d’une bouteille, puis il eut l’ambition de relier sa machinerie au clocher de Big Ben. Il présenta sa maquette à l’Exposition Universelle de Londres en 1851.


Eolipile

Éolipile
Éolipile

L’éolipyle ou éolipile (latin : æolipila ; « boule d’Éole, sphère de vent ») est une machine à vapeur et à réaction conçue par Héron d’Alexandrie (Ier siècle apr. J.-C.).


Vaporette


Parapluie


Soufflet


Ventilateur

ventilateur de forge

Éventail


Vaporisateur


Instruments à vent


Radiomètre de Crooke


Caméra thermique


Ondes

Sans air, pas d’ondes sonores.

Poste de radio

Quelles ondes captent les antennes entre les fréquences attribuées aux radios ?

Exemples plus simple à réaliser soi-même…

Anémomètre (mesure de la vitesse du vent)

Manchon à air


Girouette


Hygroscope

Hygroscope: Meteorosensitive Morphology/Achim Menges
in collaboration with Steffen Reichert
Institute for Computational Design
Transsolar Climate Engineering | Cabinet d’architecture voir le site
Pommes de pin (propriété hygroscopique naturelle).
Voir aussi crin de cheval et cheveux avec lesquels
ont été fabriqué les premiers hygromètres.
Liste de substances aux propriétés hygroscopiques :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hygroscopique

Compte-goutte


Chaise de toile, musée des nuages

S’asseoir dans une chaise longue, c’est s’inviter à une exposition que l’on découvre la tête en l’air. C’est profiter d’un laissez-passer permanent pour s’embarquer dans le paysage mouvant d’un ciel toujours redessiné, toujours contemporain. C’est se laisser distraire par le vent, une ombre, un bruissement. Attention aux fonds de ciel uni !
Si même quelque nuage épars accroche encore en vous une pensée nomade, tout abandon prolongé vous expose à un risque. Ne vous exposez pas à la morsure profonde du soleil. Pas dans une chaise de toile du musée des nuages. Ce genre d’exposition n’est pas sans conséquence.
Comme tous les musées, le musée des nuages travaille à préserver un patrimoine. Ce bien précieux, c’est vous, votre peau, vos yeux, votre confort présent et avenir. Vous trouverez toujours une zone d’ombre. A moins que de beaux stratus, cirrus ou cumulus ne viennent spontanément tirer vers vous leur couverture nuageuse. Le ciel est un paysage changeant. Le musée des nuages souhaite vous faire apprécier ces instants de fraîcheur où le soleil se voile.


Liste non exhaustive d’instruments liés à la physique des nuages
tels que baromètre, thermomètre, hygromètre, héliomètre…
 

Liens

Note à l’attention du Pôle Design Raymond Loewy :
Les accessoire ci-dessous ne sont pas des objets de médiation, mais ils sont susceptibles d’y participer.

mété’hors

Averses étranges
Une explication des pluies d’insectes, de poissons et lézards ; suie, sable et cendres ; pluies et neiges rouges ; météorites et autres corps (consulter…)

Nuée de criquets pélerins au Kenya (BAZ RATNER / REUTERS)
Nuée d’oiseaux (Staticflickr)

artistes et air contemporain

Anaka Adam-Ceard
Etretat76 et Cumulus (typographie météorologique)

Martin Bricelj Baraga
Cyanomètre

Xavi Bou
Ornitographies (photographie et vidéo)

David Bowen
Cloud piano (installation)

Marcel Broodthaers
Département des aigles, La Pluie (film 1969)

Christine Coënon
HPEA, photos de ciel, saisons

Patrick Cornaud
Écrivain blogueur néphélibate

Pauline Delwaulle
Cyanomètre, Beau temps, ciel bleu (sculpture)

Léandro Erlich
Sculptures immersives de ciel et d’eau

Theo Jansen
Sculptures se déplaçant par la force motrice du vent

Chris Judge
Illustrateur publie un dessin de nuage par jour : A daily cloud

Perrine Lacroix
Cyanomètre (installations)

Thomas Lanfranchi
Crée des formes portées par le vent et parfois par l’esprit : Cube de nuages

Barbara & Michael Leisgen
Photographes performeurs La création des nuages, écriture photographique avec la course du soleil

Monsieur Moo
Paparuda. Création d’un nuage migrants entre Canada et USA

Robert Morris
Steam (sculpture de fumée)

Marie-Luce Nadal
Faire pleurer les nuages ; (R)éparer le ciel

Fujiko Nakaya
Machines à nuages (installations immersives)

Abraham Poincheval
Walk on clouds (performance transfrontière)

Gavin Pretor-Pinney
The Cloud Appreciation Society (blog, livres, influence)

Mathieu Simonet
Écrivain, créateur de la journée internationale des nuages

Nicolas Reeves
Harpe à nuages (installation)

Ana Rewakowicz
Mist collector, collecteur de rosée

Tomás Saraceno (artiste) et Aerocene.org (nom d’un collectif ayant co-signé la création de formes volantes élevées par la chaleur solaire)

Berndnaut Smilde
Photographies de nuages dans des espaces intérieurs

Sylvain Soussan
Créateur du musée des nuages et de Climats Artistiques

James Turrel
Sky Spaces (espace présentant une ouverture sur le ciel)

lien vers presentatiion MdN

états du ciel

Beau temps, sale temps, météo, humeur…
Voir atmosphère, voir œuvres d’art, voir sciences de l’imprécis.
Voir prévision, temps réel, statistiques, modèles climatiques, climat social, scenarios
+1°, +2°, non, pas +2°…

30 images annotés, issues de l’histoire de l’art, de la météorologie et du climat.

Ciel changeant, introduction

L’inconstance du ciel représente un défi pour le peintre autant que pour le scientifique. 
La description des phénomènes climatiques s’est d’abord faite avec des mots, puis les savants ont sollicité le talent des artistes pour fixer les nuages par le dessin. 

L’arrivée de la photographie promit enfin une approche objective, mais c’est alors qu’intervint la notion de système nuageux, qui fit préférer au cadrage photographique fragmentaire la compréhension des phénomènes atmosphériques dans leur ensemble.

Un nuage n’est pas seul.
Les configurations célestes se superposent et s’enchaînent dans des mouvements que nous révèlent aujourd’hui les vues satellitaires. 
Bien qu’il soit prévu depuis des hauteurs stratosphériques, l’événement climatique se vérifie sur Terre, à hauteur humaine, et ne correspond jamais entièrement à un modèle statique. 
L’observation des nuages est une vérité fugace, qui nous rappelle notre subjectivité et nous invite à la rêverie. 

Avec la série Ciel changeant, le musée des nuages réunit des documents collectés au fil de l’histoire de l’art et des sciences, afin de montrer les variations de nos représentations du temps dans le temps.
Ces reproductions en nuances de gris évoquent notre relation aux phénomènes célestes.
Le noir, le blanc, le gris sont les couleurs du dessin, couleurs de l’esquisse et de la pensée synthétique, cet état qui précède l’interprétation des signes, parmi lesquels ceux que l’on tente de lire dans le ciel.

Voir aussi : artistes et œuvres d’air / section air contemporain

Vous souhaitez ajouter une référence, une œuvre, laissez un commentaire aussi précis que possible, avec des liens.

Merci de votre contribution.

climat

On dit et on écrit tant de choses sur le climat qu’il est proposé ici de faire un peu de tri pour une information de qualité. 

Biblio-webographie plus bas sur cette page.


Les rapports du GIEC

Site du GIEC, ce lien pointe vers la section du site en français (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. L’acronyme GIEC est l’équivalent français d’IPCC pour Intergovernmental Panel on Climate Change).

Sixième rapport du GIEC — Groupe de travail III, publié le 5 avril 2022 : Communiqué de presse en Français.

Les traductions en français sont très lacunaires. L’initiative Citoyens pour le Climat réunit cependant une quantité importante de traductions en français, concernant les travaux du GIEC et de l’IPBES.

Rapport du GIEC résumé en français 6e rapport d’évaluation (2021).

Ci-contre, un article de synthèse agréable et documenté sur le site Bon Pote (quel nom !), régulièrement mis à jour.


Carbone, CO2, réchauffement climatique

Les émission de carbone dans l’atmosphère sont majoritairement responsables du réchauffement de la planète, mais d’autres gaz, comme le méthane comptent aussi.

On trouve en ligne de nombreux outils d’évaluation de l’impact de nos gestes quotidiens sur les émissions de CO2.

Faire son bilan carbone et son devis compensation sur le site de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)
voir aussi nos gestes climat, mon convertisseur CO2

infos connexes : Le bilan carbone de l’astronomie
(article France Culture par Quentin Lafay)


La guerre des nuages, par Mathieu Simonet (article L’Obs)

L’écrivain Mathieu Simonet a lancé un appel pour la création d’une Journée internationale des nuages. Il est également à l’origine de l’installation de l’Observatoire international des nuages de Saint-Soupplets et auteur d’une lettre à l’ONU pour la reconnaissance d’un droit des nuages (article ci-dessus).


Information générale

Cloud Appreciation Society
Gavin Pretor-Pinney à fondé en 2005 la Cloud Appreciation Society au pays de Luke Howard — UK.
Sa démarche entend favoriser la compréhension et l’appréciation des nuages, notamment à travers le Guide du chasseur de nuages.

En mars 2020, sa communauté compte plus de 50 000 membres dans 120 pays. Ils sont à l’origine de l’inscription de la caractéristique asperatus, dans l’Atlas international des nuages, édité sous l’égide le l’Organisation Météorologique mondiale OMM/WMO.

Ce n’est qu’en 2017, que l’inscription du genre homogenitus a été validée dans le même atlas, nommant ainsi officiellement les nuages produits par  l’homme. Ce que le musée des nuages attendait en réunissant le corpus de documents États du ciel *, qui fut exposé à plusieurs reprises depuis la biennale internationale d’art de la ville de Melle en 2015.

*Visible d’octobre 2021 à avril 2022 à l’académie du Climat, Paris.
Reproduction sur demande (envoyer un mail à accueil[at]museedesnuages.fr)


Pour aller plus loin…
(webographie sur le changement climatique par le site Reporterre.net) :

–  Les dossiers de Reporterre : ClimatClimat : de COP en COPAgriculture et climat.
–  Rapport du Giec Climate change 2021 : the physical science basis, Résumé pour les décideurs (en anglais) ; analyse résumée par Reporterre.
–  Rapport du Giec Climate change 2022 : Impacts, Adaptation and Vulnerability, Résumé pour les décideurs (en anglais) ; analyse résumée par Reporterre.
–  Présentation en vidéo des principaux éléments du rapport Climate Change 2021 : the physical science basis du Giec par sa coprésidente Valérie Masson-Delmotte.
–  Rapport de synthèse du Giec, Changements climatiques 2014 (en français).
–  Data Lab 2022, chiffres clés du climat, ministère de la Transition écologique, p. 32-33.
–  World Energy Outlook 2021, Agence internationale de l’énergie (en anglais).
–  Rapport d’Oxfam, Combattre les inégalités des émissions de CO₂ (résumé) ; analysé résumée par Reporterre.
–  Article de l’université de CambridgeThe unequal distribution of household carbon footprints in Europe and its link to sustainability (en anglais).
–  Lucas Chancel, Paris School of Economics : Climate change & the global inequality of carbon emissions (en anglais).
–  Vidéo Science étonnante sur l’effet de serre
–  Global Carbon Project
–  Global Carbon Atlas.
–  GHG emissions of all world, rapport 2021 du Joint Research Center de la Commission européenne.
–  Le climat en questions, site pédagogique du CNRS sur le climat.

pression

L’air a un poids et l’atmosphère est parfois bien pesante…
Posons-nous la question combien pèse l’atmosphère qui appuie sur notre être et nous nous rappellerons peut-être qu’il nous a été difficile d’apprendre à marcher, de sortir de notre lit ce matin et que cette interrogation nous donne maintenant envie de faire pétiller les bulles d’un comprimé effervescent. Ce qui nous délestera de la céphalée que cette affirmation « l’air est pesant » provoque sur nos esprits depuis le XVIIe siècle.

Evangelista Torricelli (né en 1608) a lancé en l’air une hypothèse : la couche aérienne sous laquelle nous évoluons forme une épaisseur qui appuie sur toute chose, y compris sur les plans d’eau.
Il tentait ainsi de comprendre le problème que les fontainiers de Florence avaient soumis à son ainé Galilée : pourquoi les pompes de la ville n’arrivent-elles pas à prélever l’eau de l’Arno au-dessus de 10,33 m ?
Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et qui se demande « quel est le poids de la colonne d’air qui appuie sur ma tête et mes épaules ? » peut ouvrir son Macbook Air et découvrir que l’unité de mesure pour qualifier la pression est le pascal (Pa) et que la formule :


signifie que la pression d’un pascal est une contrainte uniforme qui, agissant sur une surface plane de 1 mètre carré, exerce perpendiculairement à cette surface une force totale de 1 newton (N pour N/m2) et que donc « le poids de l’atmosphère peut se mesurer selon la force nécessaire pour accélérer un kilogramme de masse à raison d’un mètre par seconde » (kg/ms2).

Pour représenter le poids que l’air exerce sur un humain, la science convoque les notions d’espace, de vitesse, de masse relative. Nous ne sommes donc pas très avancés, ou plutôt, nous sommes partis trop loin…


Concrètement, la pression atmosphérique ne s’exerce pas plus sur nos têtes que sur nos épaules, ou nos pieds. Elle nous enveloppe uniformément, mais agit pourtant avec force. Car, ce qu’à découvert Torricelli, est que le vide n’est pas une force d’attraction qui aspire les liquides. C’est au contraire la pression atmosphérique, le poids de l’air, qui propulse les fluide dans les tuyaux… jusqu’à ce que la pression atmosphérique n’y suffise plus. Ce qui explique pourquoi l’eau s’arrête à 10,33 m. Ce qui nous donne simultanément une mesure du poids de l’atmosphère.

Vous en reprendrez bien une petite louche !

Quand nous croyons aspirer une menthe à l’eau (ou une grenadine) avec une paille, nous réduisons la pression exercée sur l’embouchure plongée dans le verre, ce qui permet au poids de la colonne atmosphérique d’exercer une pression plus importante sur la surface du liquide présent dans le verre que sur celle du liquide qui monte par le tube, dans notre cavité buccale.

Ceci explique accessoirement pourquoi on ne trouve pas de pailles de plus de 10,33 m.